De quelle IA voulons-nous, au juste ?
Pierre Vannier, ingénieur, fondateur de Flint. On me demande souvent si je suis pour ou contre l'IA. La question n'a pas de sens, telle quelle. La vraie, celle qui devrait nous occuper : de quelle IA voulons-nous, et qu'est-ce qu'on accepte de lui confier ?
Ce site n'est pas un manifeste. C'est un carnet ouvert. J'y pose plus de questions que je n'apporte de réponses. La principale tient en une ligne. Quelle place laissons-nous à l'humain dans la trajectoire actuelle de la tech ?
Je ne suis pas contre les machines. J'en construis depuis trente ans, et je continue de le faire. Mon souhait est plus modeste. Qu'on prenne le temps de les habiter.
J'ai longtemps été un enthousiaste sincère. Ingénieur, dirigeant d'une société qui vit de l'IA, j'ai porté la bonne nouvelle dans les conférences. Puis quelque chose s'est déplacé. Un doute s'est installé, sur le rythme avant tout. Sur ce que nos équipes, nos enfants, nos métiers ont le temps de digérer quand tout va si vite.
Ce que vous trouverez ici tient plus du carnet que du tract. Quelques questions posées à voix haute, et l'envie de ralentir, le temps qu'il faut pour que l'humain reste présent.
I Ce qui me tient à cœur
La technique n'est pas neutre. Elle n'est pas non plus une fatalité. L'IA générative ouvre beaucoup de portes. Je le sais. J'en construis tous les jours. Ce qui m'inquiète n'est pas la technologie elle-même. C'est le rythme auquel nous l'adoptons. Nos métiers, nos enfants, nos collègues ne disposent pas du temps qu'il faudrait pour l'apprivoiser. Garder la main sur le tempo reste, sans doute, notre dernière liberté technique.
L'humain n'est pas réductible à sa productivité. Il y a la pensée lente, le dialogue intérieur, le lien charnel aux autres, la mémoire vivante des métiers. Il y a le silence, l'ennui fertile, le doute habité. Aucune de ces choses ne se mesure en gains. Toutes s'effacent quand on délègue trop, trop vite, à des machines qui ne les connaissent pas. Les protéger n'est pas du conservatisme. C'est de l'hygiène civilisationnelle.
Ce que je défends tient en une phrase. Une tech à hauteur d'humain. Ni contre l'humain. Ni sans la tech. Plutôt une tech qui se mette au service de ce que nous sommes, capables d'attention, de soin, de mémoire, de jugement. Et qui accepte le rythme auquel nous pouvons l'accompagner, sans nous y dissoudre.
L'enjeu n'est pas de freiner la tech. Il est de garder l'humain au centre du chemin. note de carnet, 2026
II Ce que j'écris
J'écris depuis 2018 sur ces sujets. Vingt-neuf textes en tout. D'abord sur LinkedIn faute de mieux, désormais ici, en HTML composé à la main. Cinq existent aussi en anglais.
Si vous arrivez sans rien savoir de moi, lisez ceux-ci dans l'ordre. C'est le chemin de ma propre réflexion, des premiers émerveillements aux questions plus récentes :
- 9 novembre 2025Follow the white rabbit
- 14 novembre 2025L'IA, vers l'extinction du dialogue intérieur ?
- 24 novembre 2025L'IA générative, l'ère du vide artificiel
- 30 janvier 2026Le souvenir du vrai
- 1er mars 2026La spoliation ultime ?
- 10 mars 2026Chronique d'un passé plus qu'incertain
- 23 mars 2026L'enfant idéal du techno-capitalisme a 14 ans
- 22 avril 2026Pour ou contre l'IA ?
Les vingt-et-un autres, y compris les plus anciens sur la FrenchTech, l'hypercroissance, ou pourquoi j'ai claqué mon poste à six chiffres en 2018, sont rangés là : tous mes écrits. Pour suivre les nouveaux sans dépendre d'aucune plateforme : RSS, Atom.
III Ce que je dis sur scène
Je partage ces réflexions à voix haute. Devant des comités de direction, des équipes techniques, des écoles d'ingénieurs, des conférences. Quatre axes de conférence en circulation, déclinables selon l'audience et le format (keynote 60 min, conférence 90 min, masterclass 3 h, formation deux jours).
- DG · RSE · RHGouverner l'IA, former les humains. Un axe sur la gouvernance IA en entreprise et la formation responsable des collaborateurs, pour maximiser les usages utiles sans sacrifier souveraineté, jugement et santé cognitive.
- CTO · techConfessions d'un ex-AI Addict : bâtir une tech à impact à l'ère de l'IA générative. Le récit honnête d'un parcours, et comment penser le rôle de CTO comme celui d'un gardien du capital humain et intellectuel.
- Dir. techPiloter l'IA sans sacrifier le génie de vos équipes. Comprendre les effets cognitifs des LLM sur les ingénieurs, distinguer les usages qui renforcent les compétences de ceux qui les érodent, et tracer une charte de co-réflexion humaine-machine.
- Grand publicIntelligence artificielle : comprendre ses rouages pour en rester maître. Une initiation pour profiter de l'IA sans s'y dissoudre. Ses promesses, ses pièges, et les habitudes simples qui permettent à chacun de garder la main.
Pour réserver une intervention, m'inviter à animer une table ronde, ou ouvrir une keynote, l'e-mail est plus bas. Je réponds sous 48 heures.
IV Ce que je dis ailleurs, plus en désordre
Je co-anime, avec mon ami Thomas Meimoun, le podcast IA pas que la Data. Des conversations longues avec les acteurs francophones de l'IA : chercheurs, fondateurs, philosophes, anciens militaires. Trente-trois épisodes au compteur, mêlant interviews approfondies et chroniques mensuelles. Anne Beauchart en assure l'édition, le marketing et l'appui à la création.
Je passe aussi régulièrement sur BFM Business avec François Sorel, sur des plateaux télé quand le sujet le mérite, et dans la presse spécialisée. Tout est listé là : apparitions et interventions.
Je lis beaucoup. Quatre-vingt-trois livres sur mes étagères en ce moment, classés en six rayons : IA, philosophie, société, business, tech, documentaires. Voir ma bibliothèque. Si vous voulez commencer quelque part : Sadin, Corteel et Carbonell pour la critique contemporaine ; Han et Arendt pour la philosophie du présent ; Harari, Zinn et Graeber pour la fresque longue.
V Me joindre
L'e-mail est pierre.vannier@flint.sh. J'aime les courriers sincères, même brefs. Un désaccord argumenté, une question honnête, une invitation à dialoguer. Je prends le temps de répondre à tout ce qui n'est pas une sollicitation commerciale automatique.
Si vous préférez un autre canal : LinkedIn.
Mon entreprise, celle qui paye mes factures et dont je m'occupe au quotidien, s'appelle Flint. Nous y faisons du conseil IA en gardant la tête sur les épaules. Je ne mélange pas les sujets. Ce site est mon espace personnel, pas la vitrine de Flint.